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L'inspection télévisée de canalisation (ITV) : déroulé, matériel et livrables

Publié le 23 septembre 2026

L'inspection télévisée, que tout le monde appelle ITV sur le terrain, consiste à faire circuler une caméra dans une canalisation pour en observer l'intérieur sans ouvrir la tranchée. C'est aujourd'hui le seul moyen raisonnable de savoir dans quel état se trouve un réseau enterré, et c'est devenu une étape obligée dans une grande partie des opérations d'assainissement.

Cette page décrit ce qui se passe réellement, du camion jusqu'au rapport remis au client.

À quoi sert une inspection télévisée

Une canalisation enterrée ne se laisse pas juger de l'extérieur. Un réseau peut fonctionner correctement pendant des années avec une fissure, un joint qui prend l'eau ou un branchement mal exécuté — jusqu'au jour où le désordre devient visible en surface, et où la réparation coûte dix fois ce qu'elle aurait coûté.

L'ITV répond à trois questions : l'ouvrage est-il conforme à ce qui était prévu, son état justifie-t-il une intervention, et si oui, laquelle et où exactement. Le dernier point est celui qui fait toute la valeur du rapport : un défaut localisé à quinze mètres du regard amont se répare en fouille ponctuelle, un défaut « quelque part sur le tronçon » se répare en ouvrant tout.

Dans quels cas elle est exigée

Quatre situations reviennent en permanence.

La réception de travaux neufs. Avant qu'un réseau soit intégré au patrimoine d'une collectivité, celle-ci veut la preuve qu'il a été posé correctement : pente respectée, emboîtements en place, aucun corps étranger resté dans la conduite, branchements raccordés dans les règles. L'ITV accompagne généralement les essais d'étanchéité et de compactage.

Le diagnostic avant vente ou avant travaux. Un acquéreur, un syndic ou un maître d'ouvrage veut connaître l'état réel avant de s'engager.

Le contrôle de conformité de branchement. Beaucoup de communes le demandent lors d'une mutation immobilière, notamment pour vérifier qu'aucune eau pluviale ne part dans le réseau d'eaux usées.

La recherche de désordre. Effondrement de chaussée, remontées d'odeurs, débordements répétés : on inspecte pour trouver la cause avant de creuser.

Comment elle se déroule sur le terrain

La préparation. Une conduite chargée de sable, de graisse ou de racines ne se filme pas : la caméra n'y voit rien et s'y bloque. L'hydrocurage précède donc presque toujours l'inspection. C'est une étape qu'on a tendance à sous-estimer alors qu'elle conditionne la qualité de tout ce qui suit : un tronçon mal curé produit un rapport inexploitable, et il faudra revenir.

Le repérage. L'opérateur identifie les regards amont et aval qui délimitent le tronçon, relève leur référence, et note le diamètre ainsi que le matériau apparent. Ces informations structurent le rapport : une observation sans tronçon identifié ne sert à rien.

Le passage caméra. La caméra progresse depuis un regard vers l'autre, à vitesse lente. Le compteur de câble affiche la distance parcourue, incrustée directement dans l'image. À chaque élément notable — un joint, une fissure, un branchement, un dépôt — l'opérateur s'arrête, oriente la tête de caméra, et commente à voix haute ce qu'il voit.

Le commentaire oral. C'est la matière première du rapport, et c'est ce qui distingue une inspection exploitable d'une simple vidéo. L'opérateur annonce la nature du défaut, sa position sur l'horloge de la section — on situe les observations comme sur un cadran, 12 h en haut de la conduite, 6 h en bas — et le cas échéant son ampleur.

Le matériel

L'équipement courant tient dans un fourgon. Une caméra sur chariot autotracté pour les diamètres suffisants, une caméra poussée sur canne pour les branchements et les petits diamètres. Un touret de câble qui mesure la longueur déroulée et alimente l'affichage de distance. Un poste de commande avec l'écran, l'enregistreur et le micro de l'opérateur. Une tête orientable, qui permet de regarder les parois et de s'engager dans un branchement.

Les caméras du marché écrivent la distance directement dans l'image plutôt que dans un fichier séparé. C'est pratique à la lecture, mais ça veut dire que la distance vit dans les pixels de la vidéo : la retrouver plus tard pour l'écrire dans un rapport suppose de la relire à l'écran, image par image.

Ce que contient le livrable

Un rapport d'ITV complet comporte :

  • l'identification du chantier, du site et de l'intervenant ;
  • pour chaque tronçon, ses regards de départ et d'arrivée, son diamètre, son matériau et sa longueur ;
  • la liste des observations, chacune avec sa distance depuis l'origine, son horodatage dans la vidéo, sa position horaire et une image ;
  • une analyse rédigée par tronçon, qui dit ce que l'ensemble signifie ;
  • une conclusion et des recommandations ;
  • les vidéos, en annexe ou sur support séparé.

La codification des observations suit la norme européenne EN 13508-2, qui fournit un système de codage commun à toute la profession. Son intérêt est de permettre de comparer deux inspections du même ouvrage à plusieurs années d'écart, et de faire lire un rapport par quelqu'un qui n'était pas sur le chantier. La norme elle-même est un document payant, édité par l'AFNOR.

Le temps que prend la rédaction du rapport

C'est la partie dont on parle le moins et qui coûte le plus. Le passage caméra d'un tronçon prend quelques minutes. La rédaction du rapport correspondant en prend bien davantage : il faut reprendre la vidéo, réécouter le commentaire, relever chaque observation, revenir en arrière pour lire la distance affichée à l'écran, extraire une image nette, la recadrer, la placer dans le document, puis rédiger l'analyse.

Sur une affaire de plusieurs tronçons, cela représente couramment une soirée entière — du travail de saisie, fait après la journée de terrain, et qui n'est pratiquement jamais facturé à sa valeur. C'est le point sur lequel Optely a été construit : la vidéo commentée contient déjà tout ce dont le rapport a besoin, il « suffit » de ne pas avoir à le ressaisir à la main.

Questions fréquentes

Faut-il curer avant chaque inspection ? Dans l'immense majorité des cas, oui. Une exception : le contrôle de réception d'un réseau neuf, où la présence de dépôts est justement l'une des choses qu'on cherche à constater.

Combien de temps reste-t-on sur un tronçon ? Le passage lui-même dure de quelques minutes à une demi-heure selon la longueur, le diamètre et le nombre d'arrêts.

La vidéo doit-elle être remise au client ? Ce n'est pas systématiquement exigé, mais c'est fortement recommandé, et souvent demandé dans les marchés publics. La vidéo est la pièce qui permet de rouvrir le dossier des années plus tard.

Que faire si la caméra ne passe pas ?L'inspection est interrompue et la raison consignée, avec la distance à laquelle l'obstacle a été rencontré. Un tronçon inspecté à moitié reste une information utile, à condition que le rapport dise clairement où il s'arrête et pourquoi.

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